Les opportunités liées à la culture de l’anacardier au Mali

L’anacarde (sômô kolo en bamanankan), qui est une graine provenant de l’anacardier, est cultivé par plus de 200 000 paysans au Mali. Il se mange grillé et la pomme rouge, orange ou jaune qui la surmonte peut étancher la soif.
Opportunités
Une demande mondiale croissante et des prix structurellement plus élevés que par le passé grâce à la bonne image dont jouie la noix de cajou auprès des consommateurs partout dans le monde. Des expériences réussies en Afrique de l’Ouest de formation et de sensibilisation des producteurs à l’amélioration de la qualité (iCA, RONGEAD). Un développement de la transformation locale en Afrique de l’Ouest qui montre que cette activité peut se développer dans la sous-région générant de nombreux emplois et une importante valeur ajouté supplémentaire.
Un intérêt croissant des importateurs d’amande de cajou européens et américains pour développer leur approvisionnement en Afrique de l’Ouest et soutenir le développement de la transformation locale. Des filières coton et mangue relativement bien structurées pouvant faciliter la structuration de la filière anacarde dans les zones où ces cultures se côtoient.
Historique
Introduit au Mali dans les années 1960, après l’indépendance, l’arbre à noix de cajou est cultivé selon le président de l’interprofession de l’anacarde, Dr. Ibrahima Togola, par plus de 200 000 personnes, qui produisent entre 90 et 150 000 tonnes d’anacarde par an. Originaire d’Amérique Latine, c’est une plante qui a énormément de vertus. « Outre son intérêt sur le plan forestier, l’anacardier est de plus en plus cultivé pour son fruit, la noix de cajou, qui donne deux produits principaux : la noix cajou et la pomme cajou » précise le président de l’interprofession de l’anacarde au Mali.
Le choix des semences
L’anacardier est un arbre résistant, facile à cultiver. Il se caractérise par une croissance rapide, n’exige pas beaucoup d’entretien et peut pousser dans des environnements différents. Toutefois, sa culture nécessite une véritable sélection des semences. D’autant que les spécialistes pensent que la réussite d’un champ d’anacardier dépend d’une bonne sélection des semences.
C’est pourquoi, « le choix des semenciers est porté sur des arbres de grande taille ou de taille moyenne avec des branches bien fournies, des fruits bien répartis et de bel aspect », rapporte le site www.doc-developpement-durable.org. Pour ce faire, on ramasse des graines déjà tombées au sol et non sur l’arbre. Selon de nombreux spécialistes, les semences doivent être sélectionnées suivant deux aspects : aspect physique pour choisir les graines les mieux formées et les plus grosses. Une deuxième étape basée aussi sur l’aspect physique pour choisir les graines pas trop grosses et dont la noix ne bouge pas à l’intérieur de la graine. Il faut ensuite tremper les graines sélectionnées dans de l’eau salée pendant un à deux jours. Les graines logées au fond du récipient seront utilisées pour la plantation.
Comment planter?
Il faut d’abord faire une pépinière, qui consiste à remplir des pots (sachets) d’un mélange de banco et sable. Une graine sera mise dans chacun des pots. En ce qui concerne le choix de la parcelle pour la plantation, les spécialistes estiment que les meilleurs sols sont des sols sablonneux ou argilo-sablonneux. Avant de planter, le terrain doit être préalablement nettoyé. Il faut ensuite creuser des trous de 50 cm dans lesquels on met 20 kg de fumure.
La réussite d’un champ d’anacardier dépend pour beaucoup de la manière de planter les plants. Ainsi, selon Dr. Togola, pour une meilleure exploitation des noix de cajou, il est recommandé d’espacer les plantations d’anacardier d’environ 15 à 20 mètres. La plantation qui se fera trois à quatre semaines après avoir introduit la fumure dans les trous, se déroulera en trois étapes. La première consiste à l’ouverture du sachet par le bas. Le plant est introduit dans le trou et le reste du sachet est enlevé avec précaution par le haut du plant. Et enfin fermer le trou par le sable surface qui était de côté.
Deux sarclages par an
La plantation, si elle n’est pas associée à d’autres cultures, doit bénéficier de deux sarclages dans l’année : un en juillet et l’autre en septembre. Après quelques années, si on constate qu’un plant n’est pas bien formé, on procède à une éclaircie dans la plantation. Celle-ci consiste à supprimer systématiquement le plant mal formé.
En cas de concurrence entre les feuilles, les racines des différents plants. On procède ainsi à une éclaircie de toute la plantation. Cela consiste à supprimer systématiquement un plant sur deux afin de permettre une bonne croissance des plants. La maîtrise de ces techniques appropriées par les paysans est indispensable pour une bonne moisson, conclut Dr. Ibrahima Togola, de l’interprofession de l’anacarde au Mali.
Grâce à leur action hypocholestérolémiante, les noix de cajou contribuent à réduire le taux de mauvais cholestérol, lutter contre les maladies cardiovasculaires et traiter les calculs biliaires. Ses bienfaits se doivent à la présence d’acide anacardique, un principe actif qui permet aussi de combattre les infections.
Plusieurs études épidémiologiques et cliniques associent une consommation régulière de fruits à écale et oléagineux à divers bienfaits pour la santé. Ils auraient un effet hypocholestérolémiant 1 et ils diminueraient le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de calculs biliaires 4 et d’ablation de la vésicule biliaire, et de cancer du côlon chez la femme. La quantité de fruits à écale et oléagineux à consommer pour obtenir des bénéfices santé équivaut, dans la plupart des études, à environ cinq portions de 30 g (1 oz) par semaine.